La greffe de gencive est un acte de parodontologie chirurgicale : on prélève un fragment de tissu, le plus souvent au palais, pour le replacer là où la gencive s’est rétractée. L’objectif est de protéger les parties dénudées et sensibles des racines, de limiter l’hypersensibilité dentaire et de corriger le déchaussement — la motivation peut aussi être esthétique.1,2

En France, comptez généralement entre 500 et 2 000 € par dent ou secteur opéré selon la technique et l’étendue de la récession, davantage sur les cas étendus. Et voici le point que la plupart des pages passent sous silence : les traitements des gencives autres que le détartrage ne sont pas remboursés par l’Assurance Maladie, et leurs tarifs sont libres.1

Avant d’en arriver au devis, il y a une question plus utile : de quelle greffe parle-t-on exactement, et êtes-vous vraiment concerné ?

Toutes les récessions ne se soignent pas au bistouri

Commençons par une nuance que peu de pages commerciales assument : la greffe est parfois indiquée, pas systématiquement.1 Une gencive qui se rétracte ne condamne pas automatiquement la dent.

L’intervention se discute sérieusement lorsque la racine exposée devient douloureuse au froid, lorsque la zone est difficile ou inconfortable à brosser — ce qui entretient l’inflammation et accélère le processus —, lorsque la racine dénudée s’expose à l’érosion et aux caries, ou lorsque la récession progresse d’un contrôle à l’autre.1,2 Une greffe peut aussi être nécessaire en préparation à la pose d’un implant.2

À l’inverse, en l’absence de sensibilité, de difficulté à nettoyer et de progression mesurable, la surveillance reste une option légitime — et elle ne coûte rien. L’esthétique est une raison recevable, à condition d’être énoncée clairement : le résultat visuel dépend fortement de la forme de la récession, et personne ne peut vous le garantir à l’avance.

Deux interventions différentes, deux résultats différents

« Greffe de gencive » est un terme générique. Derrière, deux chirurgies aux objectifs distincts — et la confusion entre les deux est la première cause de déception.

La greffe gingivale libre épaissit la gencive

Une fine couche de muqueuse est prélevée en surface du palais, puis suturée sur la zone de récession. Le but est de reconstituer la bande de gencive kératinisée — celle qui résiste au brossage et à la mastication — afin que le retrait cesse de progresser.

Le point à retenir : cette technique vise la stabilité, pas le recouvrement de la racine. Un recouvrement partiel peut survenir, mais il est imprévisible et ce n’est pas l’objectif de l’intervention. Si votre attente est esthétique, ce n’est probablement pas cette greffe qu’il vous faut — et une seconde chirurgie pourra vous être proposée ultérieurement.

La greffe de tissu conjonctif recouvre la racine

Ici, le praticien prélève le tissu conjonctif situé sous la surface du palais et le glisse sous la gencive existante pour recouvrir la racine ou redonner du volume autour d’une dent ou d’un implant.

La technique moderne s’appelle la tunnelisation. Plutôt que d’inciser un lambeau, le chirurgien décolle délicatement le bord gingival pour créer un tunnel, y insère le greffon, puis fait glisser la gencive vers le haut. La gencive entre les dents n’est pas touchée et plusieurs dents peuvent être traitées dans la même séance.

C’est la technique la mieux documentée pour le recouvrement radiculaire, et c’est aussi la plus chère. Les deux découlent de la même réalité : elle est techniquement plus exigeante.

Comment se passe une greffe de gencive, étape par étape

L’intervention est relativement simple sur le principe, mais elle exige des conditions strictes et un praticien habilité. Elle se déroule sous anesthésie locale : vous êtes éveillé du début à la fin.2

  1. La phase préparatoire, avant toute chirurgie. C’est une condition, pas une formalité : la greffe ne peut être réalisée que sur une gencive saine, sans aucun signe d’infection ni d’inflammation en cours.2 L’éducation à l’hygiène bucco-dentaire est d’ailleurs une étape essentielle de tout traitement parodontal.1 Notre article sur l’élimination du tartre et ce qu’un nettoyage professionnel change réellement détaille cette étape que beaucoup sous-estiment.
  2. Le jour de l’intervention. Un détartrage complet et une désinfection des gencives sont réalisés avant de commencer.2
  3. Le prélèvement. Le chirurgien prélève un greffon au niveau du palais. Selon la pathologie, le greffon peut aussi provenir d’un donneur.2
  4. La mise en place et les sutures. Le greffon est apposé sur la zone à combler, puis suturé. Des points ferment également le site de prélèvement.2

Selon le nombre de dents traitées, le rendez-vous peut être long. Prévoyez que quelqu’un vous raccompagne et posez votre journée si vous le pouvez.

Un détail qui compte pour un patient venu de l’étranger : chez DentSpa, la phase d’assainissement préalable et la chirurgie sont organisées sur le même séjour lorsque l’état des gencives le permet, et la dépose des fils est planifiée avant même la réservation du vol retour.

Est-ce qu’une greffe de gencive fait mal ?

Pendant l’intervention, non : l’anesthésie locale fait son travail.2

Après, la réponse honnête est plus nuancée. Après l’opération, la gencive sera sensible, voire douloureuse, et des gonflements et saignements peuvent être constatés.2 Ce que les patients anticipent le moins, c’est que la gêne ne vient pas toujours de la zone greffée : le palais, d’où le greffon a été prélevé, se rappelle à vous les premiers jours.

Ces suites sont attendues et se gèrent avec les antalgiques et les soins que votre chirurgien vous prescrira. La sensibilité au froid peut persister quelques semaines avant de céder.

La convalescence, jour après jour

La cicatrisation de la zone demande environ 10 à 15 jours.2 C’est la fenêtre qui structure tout le reste — et la raison pour laquelle cette chirurgie ne se glisse pas dans un agenda serré.

Les premiers jours. Un pansement parodontal peut avoir été placé. Il paraît encombrant et gêne un peu la parole et l’alimentation, ce qui donne envie de le retirer : c’est précisément ce qu’il ne faut pas faire, car il protège la zone.

Après une semaine. C’est le moment où l’on s’inquiète le plus, souvent à tort. Le greffon peut paraître pâle, blanchâtre ou d’une couleur qui ne ressemble pas encore à la gencive voisine : la cicatrisation est en cours et l’aspect définitif prend des mois. Deux réflexes tiennent tout : ne pas brosser la zone opérée tant que le praticien ne l’autorise pas, et ne pas tirer sur la lèvre pour inspecter le greffon, qui doit rester immobile pour prendre.

Entre 10 et 15 jours. La zone est cicatrisée et les points sont retirés. Le brossage reprend progressivement, sur indication du chirurgien.2

Les mois suivants. Le greffon s’intègre, sa couleur se rapproche de celle de la gencive environnante et le volume se stabilise. Pour une réussite complète, il est indispensable de respecter les consignes d’alimentation et d’hygiène bucco-dentaire qui vous ont été transmises.2 La chirurgie vous offre un meilleur point de départ, pas une immunité : c’est votre hygiène quotidienne qui empêchera la récession de revenir.1,3

Prix d’une greffe de gencive en France et remboursement

Le prix d’une greffe de gencive n’est pas encadré. L’Assurance Maladie le dit explicitement : pour ces traitements, le tarif est libre.1 D’où des écarts considérables d’un cabinet à l’autre.

InterventionObjectifFourchette indicative
Greffe gingivale libreÉpaissir la gencive, stopper la récession500 € – 1 500 € par dent
Greffe de tissu conjonctif (tunnelisation)Recouvrir la racine exposée800 € – 2 000 € par dent
Cas étendus, plusieurs secteursRécession généraliséeJusqu’à 3 000 € et au-delà
Bilan parodontal et consultationDiagnostic et plan de traitementFacturé à part, tarif libre
Fourchettes indicatives relevées sur des grilles tarifaires publiées par des cabinets français, 2026. Les honoraires étant libres, l’écart entre deux praticiens peut être considérable : à Paris, les tarifs démarrent souvent autour de 900 € par secteur. Ces montants sont un point de départ de discussion, pas un devis.

Le vrai sujet n’est pas le tarif, c’est la prise en charge. Pour les personnes non diabétiques, à l’exclusion du détartrage et des examens radiologiques, les autres traitements des gencives ne font l’objet d’aucun remboursement par l’Assurance Maladie obligatoire.1

Deux pistes existent malgré tout :

  • Votre complémentaire santé. Selon votre contrat, elle peut prendre en charge tout ou partie du traitement. C’est à vérifier ligne par ligne, en amont : ces forfaits sont rarement mis en avant.1
  • Le diabète reconnu en affection de longue durée. Chez les personnes diabétiques, les soins bucco-dentaires sont remboursés à 100 % au titre de l’ALD, et l’assainissement parodontal, nécessaire dans les formes chroniques et agressives de parodontite du diabétique, est pris en charge et renouvelable tous les 3 ans.1

Un point de droit utile : votre praticien est tenu de vous informer du montant de ses honoraires au moyen d’un devis écrit, y compris pour la réalisation du bilan parodontal.1 N’acceptez pas un chiffre annoncé oralement — c’est aussi ce document que votre mutuelle exigera.

Greffe de gencive ratée : ce que cela veut dire vraiment

Autant le dire franchement, puisque la question est massivement posée : oui, une greffe peut ne pas prendre, et il n’est pas toujours possible de recouvrir entièrement les racines exposées.

Cela dit, l’expression « greffe de gencive ratée » recouvre deux situations très différentes. Dans la majorité des cas, il ne s’agit pas d’un échec chirurgical mais d’un résultat inférieur à ce que le patient avait imaginé — typiquement une racine partiellement recouverte alors qu’un recouvrement total était espéré, ou une greffe gingivale libre dont l’objectif n’était de toute façon pas esthétique. D’où l’importance de savoir, avant d’opérer, laquelle des deux chirurgies vous est proposée.

La revue Cochrane consacrée au recouvrement radiculaire, qui a réuni 48 essais contrôlés randomisés chez 1 227 adultes, apporte un éclairage utile sur la durabilité : un lambeau déplacé coronairement seul a tendance à perdre du terrain avec le temps, la gencive redescendant progressivement. C’est l’ajout du greffon conjonctif qui maintient le résultat dans la durée.4

Une nuance à garder en tête : la plupart de ces essais n’ont suivi les patients que six à douze mois.4 Un praticien qui vous annonce un pourcentage de réussite précis à dix ans va au-delà de ce que les données permettent d’affirmer.

À qui la greffe n’est pas proposée, ou pas tout de suite

C’est la section que les pages tarifaires omettent, et elle peut vous épargner une consultation inutile.

  • Tant que la gencive n’est pas assainie. La greffe ne peut être effectuée que sur une gencive saine, sans infection ni inflammation en cours.2 Opérer avant, c’est programmer l’échec.
  • Aux fumeurs, tant que le tabac n’est pas arrêté. La suppression des facteurs aggravants est indispensable dans le traitement des maladies parodontales, l’arrêt du tabac en premier lieu.1 De nombreux praticiens refusent d’opérer avant un sevrage, le tabac altérant la cicatrisation gingivale.
  • Aux personnes atteintes de cardiopathie à risque d’endocardite infectieuse. La chirurgie parodontale n’est pas recommandée dans les parodontites sévères chez ces patients ; tout acte dentaire se décide avec le médecin traitant ou le cardiologue, et une antibiothérapie préventive est généralement nécessaire.1
  • Sous anticoagulants ou antiagrégants plaquettaires, une adaptation du traitement peut être nécessaire avant l’intervention.1
  • Chez les personnes diabétiques, un traitement chirurgical n’est réalisé qu’après concertation entre le chirurgien-dentiste et le médecin traitant ou le diabétologue, et une antibiothérapie préventive peut être requise.1

Enfin, la greffe traite une conséquence, pas une cause. Si une parodontite active continue de détruire l’attache, c’est elle qu’il faut maîtriser d’abord — nous abordons les approches sur ce terrain dans notre article consacré à la régénération des gencives en cas de parodontite. Et si vous cherchez encore à comprendre pourquoi vos gencives se sont rétractées, notre page sur les traitements des gencives proposés à la clinique DentSpa présente l’ensemble des interventions possibles.

Se faire opérer en Turquie : dans quels cas cela a du sens

Puisque ces soins restent intégralement à votre charge en France, la question du coût se pose autrement que pour un traitement remboursé. Les soins en Turquie coûtent nettement moins cher qu’en cabinet privé français — les patients économisent couramment jusqu’à 75 % par rapport aux tarifs pratiqués en Europe de l’Ouest, et nous détaillons la composition de ces écarts dans notre guide des forfaits de soins dentaires en Turquie et ce qu’ils comprennent. L’écart tient au coût de fonctionnement d’une clinique à Istanbul plutôt qu’à Paris, pas à ce qui est fait au fauteuil.

Une réserve honnête s’impose toutefois pour cette chirurgie en particulier. Les 10 à 15 jours de cicatrisation et la dépose des fils doivent structurer le calendrier, pas s’y glisser. Elle se prête donc mal à un aller-retour express, et bien mieux à un plan de traitement plus large, à plusieurs sites à greffer, ou à un séjour déjà prévu pour d’autres soins. Pour une seule récession limitée qui ne vous gêne pas, la réponse honnête est que le déplacement ne se justifie probablement pas.

Faire évaluer votre récession chez DentSpa

Seul un examen permet de savoir de quelle greffe vous relevez — ou si vous n’en relevez pas. Une évaluation sérieuse doit vous dire trois choses : quelle technique est indiquée, quel recouvrement est réaliste dans votre cas, et ce qui doit être assaini avant que la chirurgie soit seulement envisageable.

DentSpa est une clinique dentaire d’Istanbul certifiée par l’Ordre dentaire turc (TDB) et aux normes ISO 9001 et ISO 10002, agréée par le ministère turc de la Santé, et désignée meilleure clinique dentaire d’Europe en catégorie Odontologie aux European Awards in Medicine 2024. Les greffes de tissu mou y sont réalisées par le Dr Serdar Yılmaz, chirurgien oral et maxillo-facial, quinze ans d’expérience et doctorat de l’université de Marmara, dont les travaux publiés portent notamment sur la greffe par technique de tunnelisation sous-périostée.

  • Une consultation gratuite avant toute décision — envoyez des photographies ou une radiographie et obtenez un avis sur la nécessité réelle d’une greffe.
  • Un devis écrit et détaillé nommant la technique et les sites concernés, pour savoir exactement quelle intervention vous payez.
  • Une équipe francophone et un suivi joignable après votre retour en France.

Vous pouvez consulter les avis vérifiés de nos patients sur Trustpilot et Google, ou transmettre votre cas via la consultation en ligne gratuite.

Questions fréquentes

Combien coûte une greffe de gencive en France ?

Comptez environ 500 à 1 500 € par dent pour une greffe gingivale libre et 800 à 2 000 € pour une greffe de tissu conjonctif avec tunnelisation, davantage sur les cas étendus. L'Assurance Maladie précise que le tarif de ces traitements est libre : l'écart entre deux cabinets peut donc être important, et à Paris les tarifs démarrent souvent autour de 900 € par secteur. Votre praticien doit vous remettre un devis écrit.

La greffe de gencive est-elle remboursée par la Sécurité sociale ?

Non. Pour les personnes non diabétiques, à l'exclusion du détartrage et des examens radiologiques, les traitements concernant les gencives ne font l'objet d'aucun remboursement par l'Assurance Maladie obligatoire. Deux exceptions méritent vérification : votre complémentaire santé, qui peut prendre en charge tout ou partie selon le contrat, et le diabète reconnu en affection de longue durée, qui ouvre droit à une prise en charge de l'assainissement parodontal renouvelable tous les 3 ans.

Est-ce qu'une greffe de gencive fait mal ?

Pas pendant l'intervention, réalisée sous anesthésie locale. Après, la gencive sera sensible voire douloureuse, avec des gonflements et des saignements possibles. Ce que les patients anticipent le moins, c'est l'inconfort du palais, là où le greffon a été prélevé. Ces suites sont attendues et se gèrent avec les antalgiques et les soins prescrits par le chirurgien.

Combien de temps dure la cicatrisation d'une greffe de gencive ?

Environ 10 à 15 jours pour la cicatrisation de la zone, au terme desquels les points sont retirés. Après une semaine, le greffon peut paraître pâle ou blanchâtre : c'est normal, l'aspect définitif met des mois à s'établir. Jusqu'à la cicatrisation, on ne brosse pas la zone opérée et on évite de tirer sur la lèvre pour l'inspecter.

La greffe va-t-elle recouvrir complètement ma racine ?

Cela dépend de la technique et de votre récession. La greffe gingivale libre vise la stabilité et l'épaississement de la gencive, pas le recouvrement de la racine. C'est la greffe de tissu conjonctif qui vise le recouvrement, avec les meilleures données scientifiques derrière elle — mais un recouvrement complet n'est pas garanti dans tous les cas.

Peut-on faire une greffe de gencive quand on fume ?

Rarement sans arrêt préalable. La suppression des facteurs aggravants, et l'arrêt du tabac en premier lieu, est considérée comme indispensable dans le traitement des maladies parodontales. Le tabac altère la cicatrisation gingivale et de nombreux praticiens refusent d'opérer avant un sevrage. Mieux vaut aborder le sujet dès la première consultation.

Y a-t-il des contre-indications médicales à la greffe de gencive ?

Oui. La chirurgie parodontale n'est pas recommandée chez les personnes atteintes de cardiopathie à risque d'endocardite infectieuse en cas de parodontite sévère. Chez les patients sous anticoagulants ou antiagrégants plaquettaires, une adaptation du traitement peut être nécessaire. Chez les personnes diabétiques, l'intervention se décide après concertation entre le chirurgien-dentiste et le médecin traitant ou le diabétologue.

Sources

  1. Assurance Maladie — Consultation et traitement de la gingivite et de la parodontite. Mise à jour du 9 avril 2026. ameli.fr
  2. Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild, unité de chirurgie orale et d’implantologie dentaire — Greffe de gencive, fiche d’information patient. fo-rothschild.fr
  3. Société Française de Parodontologie et d’Implantologie Orale (SFPIO) — information des patients sur les maladies parodontales et leurs traitements. sfpio.com
  4. Chambrone L, Tatakis DN, et coll. Root coverage procedures for treating localised and multiple recession-type defects. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2018. cochranelibrary.com