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Quand on parle de déchaussement des dents, on décrit ce que l’on voit : la gencive semble reculer, la dent paraît s’allonger. Mais ce n’est pas la gencive qui rétrécit. C’est l’ancrage de la dent qui se détruit, en silence, sous la surface.
Cette distinction n’est pas un détail de vocabulaire. Elle explique pourquoi certains déchaussements s’arrêtent net avec les bons soins, et pourquoi d’autres ne se rattrapent plus. Les maladies des gencives interviennent d’ailleurs pour 30 à 40 % des causes d’extraction ou de perte de dents.1
Voici ce qui se passe réellement, comment savoir où vous en êtes, et ce qui permet d’arrêter le processus.
Ce qui se passe réellement sous la gencive
Une dent n’est pas plantée dans l’os comme un piquet dans la terre. Elle est suspendue dans un ensemble de quatre tissus, appelé le parodonte :1
- L’os alvéolaire, qui entoure et soutient la racine.
- Le ligament alvéolo-dentaire, ou desmodonte, qui relie la racine à l’os et joue le rôle d’amortisseur à chaque mastication.
- La gencive, fine et très vascularisée, qui recouvre l’os.
- Le cément, qui recouvre la racine et permet au ligament de s’y attacher.
Le déchaussement n’est pas une maladie de la gencive seule : c’est l’atteinte progressive de cet ensemble. La gencive recule parce que ce qui la portait — l’os et le ligament — disparaît en dessous. Voilà pourquoi aucun produit appliqué en surface ne peut inverser un déchaussement installé : le problème n’est pas là où on le voit.
Cela vaut aussi lorsqu’une seule dent est concernée. Un déchaussement de dent isolé, souvent une incisive inférieure ou une canine, relève du même mécanisme et mérite le même bilan : c’est l’ancrage qu’il faut évaluer, pas la seule zone visible. C’est d’ailleurs le premier point que nous vérifions chez DentSpa avant d’envisager quoi que ce soit.
Gingivite ou parodontite : la ligne à ne pas franchir
C’est l’information la plus utile de tout cet article, et elle tient en une phrase.
Au stade de la gingivite, la maladie est réversible.2 L’inflammation ne touche encore que la gencive. Avec les bons soins, tout peut redevenir sain, sans séquelle.
Si elle n’est pas traitée, le processus gagne le ligament et l’os qui entourent la dent : c’est la parodontite.1 À ce stade, l’os de soutien commence à se détériorer, et l’os perdu ne se reconstitue pas spontanément. On peut alors stabiliser la situation, souvent très efficacement, mais on ne revient plus en arrière.
Dans la majorité des cas, la parodontite évolue de façon chronique sur plusieurs années.1 Cette lenteur est trompeuse : elle donne l’impression qu’il n’y a pas urgence, alors que chaque mois passé du mauvais côté de la ligne coûte de l’os.
Comment savoir si vos dents se déchaussent
La maladie se développe lentement et, au début, souvent sans douleur.1 C’est précisément ce qui la rend dangereuse : le signal d’alarme est discret.
Les signes précoces, encore réversibles
- Un saignement des gencives, même léger, au brossage.
- Des gencives qui deviennent rouges.
- Un gonflement des gencives.
- Une sensibilité de la gencive au toucher.
- Une mauvaise haleine persistante.1
Une gencive saine ne saigne pas. Le saignement au brossage n’est pas le signe que vous brossez trop fort : c’est le signe qu’elle est enflammée. Un seul de ces symptômes justifie une consultation.1
Les signes de parodontite installée
- Les dents se déchaussent : la partie visible semble s’allonger.
- Les dents deviennent hypersensibles, les racines étant dénudées.
- Les dents deviennent mobiles, ayant perdu leur attache ligamentaire.
- Des espaces apparaissent entre des dents qui se touchaient.
- Des abcès peuvent se former au niveau des gencives.1
Ce quatrième signe est le plus sous-estimé : quand des « trous noirs » apparaissent entre des dents qui étaient jointives, ce n’est pas que les dents ont bougé, c’est que l’os entre elles a fondu.
Qu’est-ce qui provoque le déchaussement des dents
Une cause principale, et une série de facteurs qui accélèrent tout.
La plaque dentaire, responsable principale
La maladie des gencives est une infection bactérienne. La plaque dentaire — un enduit collant de protéines salivaires, de débris alimentaires et de bactéries — se dépose à la surface des dents et des gencives. Les bactéries s’y multiplient, la plaque s’épaissit, puis se calcifie en tartre, qui adhère à la dent et peut entretenir une infection chronique.1
La bonne nouvelle est dans cette phrase : la plaque s’élimine par un brossage régulier, au minimum deux fois par jour.1 Le tartre, lui, ne s’enlève plus à la brosse — nous détaillons pourquoi dans notre article sur l’élimination du tartre et ce qu’un détartrage professionnel change réellement.
Le tabac, l’accélérateur le plus puissant
Le mécanisme est documenté précisément. Le tabac supprime la réponse immunitaire aux infections et favorise la dégénérescence du parodonte. La fumée diminue l’apport en oxygène et la vascularisation des gencives. La nicotine se dépose sur la surface des racines et réduit la capacité d’adhésion des tissus de soutien. Résultat : en cas de parodontite, la perte osseuse est plus importante chez les fumeurs que chez les non-fumeurs.1
C’est aussi pour cette raison que la maîtrise des facteurs de risque généraux, tabac en tête, fait partie intégrante du traitement parodontal selon la Haute Autorité de Santé — au même titre que les soins eux-mêmes.3
Le diabète, dans les deux sens
Le diabète est un facteur de risque reconnu des maladies parodontales — et la relation fonctionne dans les deux sens. L’hyperglycémie favorise la croissance des bactéries de la plaque, qui détruisent le tissu conjonctif des gencives. En retour, l’inflammation chronique de la maladie des gencives induit une insulino-résistance qui participe au déséquilibre du diabète.1
Conséquence pratique pour les personnes diabétiques : un suivi dentaire une à deux fois par an est nécessaire, et les soins bucco-dentaires sont pris en charge à 100 % au titre de l’affection de longue durée.2
Les changements hormonaux
Chez la femme, la puberté, la grossesse et la ménopause modifient la sensibilité des gencives. Pendant la grossesse, l’élévation hormonale entraîne une vasodilatation générale et une susceptibilité accrue des muqueuses buccales aux agressions bactériennes.1
Un point trop peu connu mérite d’être dit clairement : l’infection parodontale est un facteur de risque d’accouchement prématuré ou de bébé de petit poids.1 Tous les soins dentaires peuvent être réalisés pendant la grossesse, et il n’y a pas lieu de les différer.2
Le brossage trop vigoureux, et les autres causes locales
Voici le paradoxe qui piège le plus de monde : un brossage trop vigoureux blesse la gencive et peut provoquer une gingivite.1 Beaucoup de gens qui appuient fort le font en croyant mieux nettoyer. Ce n’est pas la force qui retire la plaque, c’est la technique et la régularité.
D’autres facteurs locaux entretiennent le problème : des obturations ou des couronnes mal adaptées, qui retiennent la plaque, et les malpositions dentaires.1 Leur élimination fait partie du traitement recommandé.3
À cela s’ajoutent des facteurs plus rares : la baisse des défenses immunitaires, certains médicaments provoquant une sécheresse buccale, la consommation d’alcool ou de cannabis, une prédisposition génétique, ou un déficit en vitamine C ou en calcium.1
Comment arrêter le déchaussement des dents
Il existe un protocole établi, et il ne commence pas par un produit.
- Le bilan. Le praticien mesure la profondeur des poches parodontales à la sonde graduée, recherche le saignement au sondage, et réalise un bilan radiographique — panoramique, complété si besoin par des clichés « long cône » précisant l’étendue des lésions osseuses.2
- Le détartrage et le surfaçage radiculaire. C’est la base du traitement de première intention.3 Le surfaçage est un détartrage en profondeur qui supprime le tartre situé sous la gencive, afin de permettre à celle-ci de se ré-attacher à la racine. Il se pratique sous anesthésie locale, en une ou plusieurs séances.2
- L’enseignement à l’hygiène et la maîtrise des facteurs de risque. La HAS insiste : le surfaçage n’est qu’une composante. L’apprentissage du brossage, la maîtrise du tabac et d’un diabète déséquilibré, et l’élimination des facteurs locaux aggravants en font partie intégrante.3
- La réévaluation à 8 semaines. Les résultats se contrôlent lors d’une séance dédiée. C’est à ce moment, et pas avant, qu’on sait si le traitement a suffi.3
- La maintenance à vie. Des visites de maintenance parodontale tous les 3 à 6 mois selon votre profil de risque.3 C’est cette étape que les patients abandonnent, et c’est celle qui tient le résultat.
Ce protocole n’est pas l’opinion d’un praticien isolé : la HAS l’a établi après avoir recueilli l’avis argumenté des organismes professionnels, dont la Société française de parodontologie et d’implantologie orale et le Collège national des enseignants de parodontologie.3,4 C’est celui que nous appliquons chez DentSpa, y compris lorsque le patient vient de l’étranger : la phase initiale et sa réévaluation ne se sautent pas.
Dans tous les cas, quel que soit le stade, l’hygiène bucco-dentaire doit être irréprochable — c’est la condition de tout le reste.2
Ce qui ne marche pas, selon les autorités de santé
Autant de temps et d’argent économisés. La Haute Autorité de Santé s’est prononcée sur les traitements présentés comme des compléments au surfaçage :3
- Le laser. L’utilisation de lasers — Er:YAG, Nd:YAG, diode — ou de la thérapie photodynamique en complément d’un surfaçage n’est pas pertinente en pratique habituelle. Une information utile quand on vous propose un « traitement laser des gencives » présenté comme supérieur.
- Les antibiotiques locaux. Leur emploi en complément d’un surfaçage n’est pas justifié.
- Les antibiotiques par voie orale. Ils doivent être réservés aux parodontites agressives et aux formes complexes ou sévères, jamais utilisés en routine — la HAS insistant sur la prescription raisonnée dans un contexte d’antibiorésistance croissante.
Ce qui reste, une fois ces options écartées, est moins spectaculaire mais c’est ce qui fonctionne : un surfaçage bien conduit, une hygiène quotidienne rigoureuse, l’arrêt du tabac, et une maintenance suivie.
Quand le traitement non chirurgical ne suffit plus
En cas de persistance des lésions après la réévaluation, et selon leur étendue, un nouveau surfaçage ou un traitement chirurgical peut se justifier.3 Plusieurs interventions existent selon le problème :
- Le lambeau d’assainissement, qui donne accès aux racines pour les détartrer et supprimer les lésions inflammatoires.2
- La régénération tissulaire guidée, où une membrane contenant un substitut osseux est fixée sur les zones atteintes pour favoriser la régénération de l’os détruit.2
- Le comblement osseux, indiqué dans les lésions profondes.2
- La greffe de gencive, dont le rôle est de protéger les parties dénudées et sensibles des racines.2
Cette dernière est celle que l’on recherche le plus souvent quand le déchaussement devient visible : nous en détaillons les deux techniques, le déroulé et les tarifs pratiqués en France dans notre guide sur la greffe de gencive, son prix et sa convalescence. Les approches régénératives sur parodonte atteint sont abordées dans notre article sur la régénération des gencives en cas de parodontite.
Ce que le déchaussement coûte au-delà des dents
Sans traitement, la parodontite aboutit à la perte des dents, par dégradation de l’os qui les soutient ou par extension de l’infection.1 Mais les conséquences ne s’arrêtent pas à la bouche.
Une parodontite non traitée accroît les risques d’un mauvais contrôle de la glycémie chez les personnes diabétiques, d’abcès parodontaux, et d’infections cardio-vasculaires, pulmonaires ou d’autres parties du corps.1
Un dernier point, pour les plus jeunes : la parodontite peut se déclarer précocement, sous une forme dite agressive, dont l’évolution est rapide.1 Un saignement au brossage à 25 ans n’est pas plus banal qu’à 55.
Se faire traiter en Turquie : dans quels cas c’est pertinent
En France, le détartrage est remboursé, mais le surfaçage et la chirurgie parodontale restent à votre charge.2 C’est ce qui rend la comparaison des coûts pertinente : les soins en Turquie coûtent nettement moins cher qu’en cabinet privé français, avec des économies couramment de jusqu’à 75 % — nous détaillons la composition de ces écarts dans notre guide des forfaits de soins dentaires en Turquie et ce qu’ils comprennent.
Une réserve s’impose toutefois, propre à cette pathologie. Un traitement parodontal n’est pas un acte ponctuel : il se juge à la réévaluation de 8 semaines et se tient par une maintenance tous les 3 à 6 mois.3 Se déplacer a du sens pour la phase active — surfaçage complet, puis chirurgie si elle s’avère nécessaire — à condition d’avoir organisé le suivi. Pour une gingivite débutante, en revanche, la réponse honnête est qu’un détartrage et une correction du brossage près de chez vous suffisent, et qu’aucun déplacement ne se justifie.
Faire évaluer l’état de vos gencives chez DentSpa
La question qui décide de tout est simple : êtes-vous encore du côté réversible de la ligne, ou de l’autre ? Elle ne se tranche ni par une photo ni par un symptôme, mais par un sondage parodontal et une radiographie.
DentSpa est une clinique dentaire d’Istanbul certifiée par l’Ordre dentaire turc (TDB) et aux normes ISO 9001 et ISO 10002, agréée par le ministère turc de la Santé, et désignée meilleure clinique dentaire d’Europe en catégorie Odontologie aux European Awards in Medicine 2024. La chirurgie parodontale y est assurée par le Dr Serdar Yılmaz, chirurgien oral et maxillo-facial, quinze ans d’expérience et doctorat de l’université de Marmara. Notre page consacrée aux traitements des gencives présente l’ensemble des interventions.
- Une consultation gratuite avant toute décision — envoyez des photographies ou une radiographie et obtenez un avis sur le stade réel de l’atteinte.
- Un plan de traitement écrit, précisant ce qui relève du traitement initial et ce qui relèverait éventuellement de la chirurgie.
- Une équipe francophone et un suivi joignable après votre retour en France.
Vous pouvez consulter les avis vérifiés de nos patients sur Trustpilot et Google, ou transmettre votre cas via la consultation en ligne gratuite.
Questions fréquentes
Comment arrêter le déchaussement des dents ?
Le déchaussement des dents est-il réversible ?
Comment savoir si on a un déchaussement des dents ?
Qu'est-ce qui provoque le déchaussement des dents ?
Un brossage trop fort peut-il déchausser les dents ?
Le traitement au laser est-il efficace contre le déchaussement ?
Les gencives qui se rétractent peuvent-elles faire perdre les dents ?
Sources
- Assurance Maladie — Comprendre la maladie des gencives : définition, causes et symptômes. ameli.fr
- Assurance Maladie — Consultation et traitement de la gingivite et de la parodontite. Mise à jour du 9 avril 2026. ameli.fr
- Haute Autorité de Santé — Évaluation du détartrage-surfaçage radiculaire (assainissement parodontal) dans le traitement des parodontites. Rapport d’évaluation technologique, décembre 2018. has-sante.fr
- Société Française de Parodontologie et d’Implantologie Orale (SFPIO) — société savante fédérant 1 100 praticiens, information des patients sur les maladies parodontales. sfpio.com









