Une dent incluse est une dent qui n’a pas réussi à faire son éruption : elle reste bloquée dans l’os ou sous la gencive. Cela ne concerne pas que les dents de sagesse — la canine supérieure est la plus documentée après elles, avec une prévalence de 2 %, plus fréquente chez la femme, et une inclusion palatine dans environ 75 % des cas.1

Le traitement n’est pas systématiquement l’extraction. Une dent de sagesse incluse qui pose problème s’extrait, parce qu’elle n’a pas de rôle fonctionnel à préserver. Une canine incluse, au contraire, se récupère le plus souvent par exposition chirurgicale suivie d’une traction orthodontique.1

Et l’absence de douleur n’est pas un feu vert. Une étude portant sur 74 patients et 87 canines incluses relève une lésion d’allure kystique dans 26,4 % des cas et une résorption des racines voisines dans 23,0 %.2 Cette page explique comment se pose le diagnostic, comment se déroule la désinclusion, combien de temps dure la traction, et ce que dit la réglementation française sur le remboursement.

Dent incluse : dent bloquée dans l'os de la mâchoire, visible sur une radiographie dentaire

Dent incluse : pourquoi une dent ne sort pas ?

Plusieurs causes se combinent souvent : un manque de place sur l’arcade, une dent mal orientée dès le départ, des dents de lait restées en place trop longtemps, ou des dents surnuméraires qui bloquent le passage.

Le diagnostic repose sur l’examen clinique et l’imagerie conventionnelle, complétés par un cone beam (CBCT) lorsque c’est nécessaire.1 Ce n’est pas un luxe : la tomographie situe la dent par rapport aux racines voisines, ce qu’une panoramique seule ne permet pas toujours de trancher.

Faut-il s’en occuper si elle ne fait pas mal ? Oui, et pour une raison mesurée plutôt que dramatisée : les complications fréquentes documentées sont l’ankylose de la canine, la résorption radiculaire de l’incisive latérale ou centrale voisine, et une différence esthétique gingivale entre la canine traitée et sa symétrique en fin de traitement.1 Plus le repérage est précoce, plus les options restent simples.

Canine incluse : la dent qu’on sauve plutôt qu’on extrait

La canine n’est pas une dent comme les autres : elle dessine le coin du sourire et guide la mâchoire dans ses mouvements latéraux. C’est pourquoi, à l’inverse d’une dent de sagesse, on cherche presque toujours à la remettre en place.

Avant la chirurgie, une étape est souvent oubliée : l’intervention précoce. L’extraction de la canine de lait est indiquée lorsque la canine définitive est incluse en secteur 2 ou 3 et forme un angle de 20 à 30 degrés par rapport à la verticale. D’autres approches précoces existent — expansion palatine rapide, distalisation des dents postérieures quand c’est possible. Le traitement chirurgico-orthodontique n’intervient que si l’intervention précoce n’a pas suffi.1

Le choix de la technique chirurgicale dépend ensuite de la position : pour les inclusions vestibulaires, c’est la position de la canine par rapport à la ligne muco-gingivale qui détermine le procédé ; pour les inclusions palatines, la technique ouverte semble préférée, l’éruption fermée gardant des indications précises.1

Désinclusion et traction : comment ça se passe ?

  1. Exposition chirurgicale — sous anesthésie locale, le praticien dégage la couronne de la dent incluse à travers la gencive. Le geste est guidé par le cone beam.
  2. Collage du dispositif de traction — un petit bouton relié à une chaînette est collé sur la dent exposée, puis la gencive est refermée.
  3. Traction orthodontique — l’appareil amène progressivement la dent vers sa place. Voir la section suivante pour les durées observées.
  4. Alignement final — une fois la dent sur l’arcade, l’orthodontie peaufine sa position. Selon les cas, des aligneurs invisibles peuvent prendre le relais pour la finition ; voir aussi notre article sur l’orthodontie invisible et notre page orthodontie.

Une mécanique orthodontique efficace réduit les complications, et peut s’appuyer sur des dispositifs spécifiques : arcs nitinol superposés, swinging gates, arcs transpalatins modifiés ou dispositifs d’ancrage temporaire.1

Combien de temps dure la traction d’une canine incluse ?

L’étude citée plus haut donne le chiffre — et son écart-type, qui compte autant. Sur les 47 dents répondant aux critères, la durée moyenne de traction était de 13,9 mois, avec un écart-type de ± 8,9 mois.2 Autrement dit : « environ 14 mois » est une moyenne, pas une prévision individuelle.

Ce qui prédit le mieux la durée n’est pas ce qu’on croit. Les auteurs constatent que la distance entre le plan d’occlusion et la canine incluse présente la corrélation positive la plus forte avec la durée de traction (r = 0,519 ; p < 0,01), et concluent qu’il faut considérer cette distance plutôt que l’angle pour prévoir la durée du traitement.2 Ils relèvent également que plus la canine est située en position mésiale, plus l’inclusion palatine et la résorption de la racine voisine sont probables.2

C’est pourquoi nous ne donnons pas de calendrier avant d’avoir vu votre imagerie 3D. Un délai annoncé sur une simple panoramique est une estimation ; sur une photo, c’est un argument commercial.

Et chez l’adulte ?

La traction d’une canine incluse reste possible à l’âge adulte, mais elle est plus lente et son résultat dépend de la position de la dent. Quand celle-ci est trop défavorable, l’alternative raisonnable est l’extraction suivie d’un implant dentaire — voir notre comparatif remplacer une dent manquante.

C’est le scanner 3D qui tranche, pas l’âge inscrit sur la carte d’identité — ni le calendrier de la clinique.

Dent incluse : et pour les dents de sagesse ?

Le raisonnement s’inverse : une dent de sagesse n’a pas de rôle fonctionnel à préserver. Quand elle pose problème, l’intervention consiste à l’extraire — sous anesthésie locale, sédation ou anesthésie générale selon l’indication. Voir notre page chirurgie des mâchoires, notre article dent de sagesse et notre guide sur la chirurgie dentaire en Turquie.

Après l’intervention, deux règles dominent la récupération : suivre les consignes, et ne pas fumer. Notre article fumer après une extraction dentaire explique pourquoi, et notre guide sur la guérison après une chirurgie dentaire détaille les suites normales.

Prix et prise en charge du traitement d’une dent incluse

Le budget se décompose en deux parties très différentes : l’acte chirurgical, et — pour une canine — le traitement orthodontique de traction qui suit.

Côté orthodontie, la règle française est nette. Avant 16 ans, l’Assurance Maladie prend en charge les traitements d’orthodontie à 60 % ou 100 % sur des bases de tarifs dits « de responsabilité », sous réserve d’un accord préalable et d’un début de soins dans les 6 mois suivant cet accord et avant le 16e anniversaire.3 Après 16 ans, la prise en charge devient exceptionnelle : un seul semestre, non renouvelable, préalable à une intervention chirurgicale sur les maxillaires.3

Pour un adulte, la traction d’une canine incluse reste donc, dans la quasi-totalité des cas, à sa charge ou à celle de sa complémentaire. Les honoraires d’orthodontie étant libres, le praticien doit vous remettre un devis écrit détaillant le traitement, les matériaux, ses honoraires et le montant remboursé.3

Ce qui s’applique à votre dossier dépend de votre situation, de votre contrat de complémentaire et de la date à laquelle vous lisez ces lignes. Votre caisse d’Assurance Maladie et votre mutuelle sont seules à pouvoir répondre fermement. DentSpa ne promet aucun remboursement et ne communique aucun tarif avant examen du dossier et remise d’un devis écrit personnalisé.

Le traitement des dents incluses chez DentSpa

Dent de sagesse à extraire ou canine à sauver : tout part du même point, une imagerie correcte et un plan clair. Pour savoir ce que demande votre cas, envoyez votre radiographie panoramique via notre consultation en ligne gratuite : notre équipe examine votre dossier et vous renvoie un plan chiffré, sans engagement de votre part.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une dent incluse ?

C'est une dent qui n'a pas réussi à faire son éruption et reste bloquée dans l'os de la mâchoire ou sous la gencive. Cela ne concerne pas que les dents de sagesse : la canine supérieure incluse a une prévalence de 2 %, elle est plus fréquente chez la femme, et l'inclusion est palatine dans environ 75 % des cas.

Une dent incluse doit-elle toujours être enlevée ?

Non. Une dent de sagesse incluse qui pose problème s'extrait, car elle n'a pas de rôle fonctionnel à préserver. Une canine incluse se récupère au contraire le plus souvent par exposition chirurgicale suivie d'une traction orthodontique, car elle dessine le coin du sourire et guide la mâchoire dans ses mouvements latéraux.

Combien de temps dure la traction d'une canine incluse ?

Une étude portant sur 74 patients et 87 canines rapporte, pour les 47 dents répondant aux critères, une durée moyenne de traction de 13,9 mois avec un écart-type de 8,9 mois. C'est une moyenne, pas une prévision individuelle. Les auteurs constatent que la distance entre le plan d'occlusion et la canine incluse prédit mieux la durée que l'angle de la dent.

Que se passe-t-il si on ne traite pas une dent incluse ?

Le risque est surtout silencieux. Dans une série de 87 canines incluses, une lésion d'allure kystique était présente dans 26,4 % des cas et une résorption des racines voisines dans 23,0 %. Les complications fréquemment décrites sont l'ankylose de la canine, la résorption radiculaire de l'incisive latérale ou centrale voisine, et une différence esthétique gingivale en fin de traitement.

Comment diagnostique-t-on une dent incluse ?

Par l'examen clinique et l'imagerie conventionnelle, complétés par un cone beam lorsque c'est nécessaire. La tomographie volumique situe la dent par rapport aux racines voisines, ce qu'une radiographie panoramique seule ne permet pas toujours de trancher — et c'est précisément ce rapport qui détermine la technique chirurgicale.

Existe-t-il un traitement avant la chirurgie ?

Oui, chez l'enfant. L'extraction de la canine de lait est indiquée lorsque la canine définitive est incluse en secteur 2 ou 3 avec un angle de 20 à 30 degrés par rapport à la verticale. D'autres approches précoces existent, comme l'expansion palatine rapide ou la distalisation des dents postérieures. Le traitement chirurgico-orthodontique n'intervient que si l'intervention précoce n'a pas suffi.

Peut-on traiter une canine incluse à l'âge adulte ?

Oui, mais la traction est plus lente que chez l'adolescent et son résultat dépend de la position de la dent. Quand cette position est trop défavorable, l'alternative raisonnable est l'extraction suivie d'un implant dentaire. C'est le scanner 3D qui permet de trancher avant de s'engager, pas l'âge.

L'opération d'une dent incluse fait-elle mal ?

L'exposition chirurgicale se fait sous anesthésie locale : la sensation habituelle est celle d'une pression, pas d'une douleur. Une gêne et un léger gonflement dans les jours qui suivent sont attendus et se gèrent avec les antalgiques prescrits. Les suites varient d'une personne à l'autre, c'est pourquoi nous ne donnons pas de durée type.

Le traitement d'une dent incluse est-il remboursé en France ?

Pour la partie orthodontique, la règle dépend de l'âge : avant 16 ans, l'Assurance Maladie prend en charge à 60 % ou 100 % sur des bases de remboursement, sous réserve d'un accord préalable et d'un début de soins dans les 6 mois suivant cet accord et avant le 16e anniversaire. Après 16 ans, la prise en charge se limite à un semestre non renouvelable préalable à une chirurgie des maxillaires. Renseignez-vous auprès de votre caisse et de votre complémentaire.

Faut-il s'inquiéter d'une dent incluse découverte par hasard ?

Il ne s'agit pas de s'inquiéter mais de faire évaluer. Une dent incluse découverte sur une radiographie mérite un avis même sans douleur, parce que les complications les plus fréquentes — kyste, résorption des racines voisines — évoluent sans symptôme. Un cone beam suffit généralement à décider s'il faut agir maintenant ou surveiller.

Sources

  1. Hirschhaut M, Leon N, Gross H, Flores-Mir C. Guidance for the clinical management of impacted maxillary canines. Compend Contin Educ Dent. 2021;42(5):220–226. PMID 33980019. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
  2. Radiographical characteristics and traction duration of impacted maxillary canine requiring surgical exposure and orthodontic traction: a cross-sectional study. Sci Rep. 2022;12:19404. PMID 36357464. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
  3. Assurance Maladie (ameli.fr) — « Le remboursement des traitements d’orthodontie », mise à jour du 9 janvier 2026. ameli.fr
  4. Global Healthcare Accreditation — registre des organisations accréditées et certifiées. globalhealthcareaccreditation.com
  5. The European Awards in Medicine — DentSpa Clinic, European Award in Medicine in Odontology. theeuropeanawards.eu